Trouver un mentor est un cheminement très personnel. Le jumelage d’un mentoré et d’un mentor demande une réflexion approfondie, surtout de la part du mentoré, et il porte ses fruits lorsqu’il existe une véritable harmonie de personnalité et de vision entre les deux personnes. Avant même de commencer, il vaut la peine de se demander ce que l’on cherche à apprendre et avec qui l’on travaillerait volontiers sur la durée. La compatibilité des personnalités et des attentes compte autant que l’expérience du mentor.
Un mentor n’a pas besoin de diplômes supérieurs
Un mentor n’a pas besoin d’être titulaire d’un diplôme universitaire supérieur, un doctorat, par exemple, pour vous accompagner utilement. La Déclaration de qualifications pour les consultants en traduction (FOBAI) le rappelle : les compétences attendues peuvent tout aussi bien s’acquérir par l’expérience accumulée et la formation, ou par l’accompagnement d’une personne plus expérimentée. Un diplôme est l’une des voies vers une compétence ; ce qui est reconnu, c’est la compétence elle-même, quelle que soit la manière dont elle a été acquise. Dans un système fondé sur les compétences, c’est donc la compétence démontrée qui compte : votre expérience, reconnue par autrui, y a une valeur équivalente à celle des diplômes. Cette manière de voir invite chacun à garder une posture d’apprenant, quel que soit son parcours.
Commencer par les personnes que vous connaissez déjà
Le point de départ le plus utile consiste à dresser la liste des personnes plus expérimentées avec qui vous avez déjà travaillé, qu’il s’agisse d’un traducteur, d’un exégète ou d’un consultant, même en cours de formation. Les mentorés trouvent le plus souvent leur mentor parmi celles et ceux avec qui ils partagent déjà un lien personnel et une expérience de travail. C’est cette connexion et cette histoire commune qui donnent à la relation sa solidité.
Des démarches concrètes
Regardez d’abord autour de vous et demandez-vous de qui vous admirez le travail et l’attitude, et auprès de qui vous aimeriez apprendre.
Parlez ensuite de votre désir d’être encadré à votre supérieur hiérarchique ou à votre responsable des ressources humaines. Expliquez-leur ce que vous souhaitez apprendre et pourquoi, et demandez si la personne que vous admirez pourrait vous accompagner. Si elle n’est pas en mesure de le faire, votre supérieur pourra peut-être vous orienter vers quelqu’un d’autre ayant une expertise et des intérêts proches des vôtres. Dans le domaine de la traduction, les organisations et les sociétés bibliques disposent souvent de structures de mentorat et peuvent vous mettre en relation avec un consultant expérimenté.
Apprenez aussi de vos collègues plus expérimentés au fil du travail quotidien. Posez de bonnes questions et écoutez attentivement les histoires qu’ils racontent, car c’est souvent là que se transmet l’essentiel de leur savoir-faire.
Sans attendre le cadre idéal
Si vous ne trouvez pas tout de suite un mentor dans un cadre formel, ne vous découragez pas : commencez par une relation informelle. On peut toujours apprendre des autres, pour peu que l’on reste ouvert et curieux. Avec le temps, cette relation pourra se préciser, et vous conviendrez ensemble d’objectifs clairs et de la façon de cheminer vers eux.
Ce qui fait une bonne relation
Une relation de mentorat repose sur la confiance et le respect mutuels, ainsi que sur le désir sincère de voir l’autre progresser. Le mentor vous accompagne et vous encourage, tout en vous remettant en question quand c’est utile ; il cherche à vous rendre capable et autonome, sans vouloir vous façonner à son image. C’est pourquoi le choix mérite d’être mûri avec soin.
S’entourer de plusieurs mentors
Il est rare qu’une seule personne réponde à tous vos besoins de formation. Un mentor vous accompagnera bien sur certains points et moins sur d’autres, selon son expérience et ses points forts. Il est donc souvent utile de s’entourer de plusieurs mentors, chacun apportant ce qu’il connaît le mieux. Un mentor pourrait, par exemple, vous accompagner dans l’exégèse tandis qu’un autre vous forme à l’animation des séances de vérification. Le livre des Proverbes rappelle d’ailleurs que le salut est dans le grand nombre des conseillers (Proverbes 11.14). Une relation de mentorat principale peut ainsi être complétée par d’autres, sans rien enlever à la première. Dans un cadre d’accréditation, un mentor principal demeure responsable de l’accompagnement formel, tandis que les autres relations nourrissent votre apprentissage.
Si l’on vous sollicite comme mentor
L’apprentissage circule dans les deux sens, et vous serez peut-être sollicité à votre tour. Si l’on vous demande d’accompagner quelqu’un, n’hésitez pas à préciser clairement dans quels domaines et dans quelle mesure vous pouvez le faire. Vous éviterez ainsi de vous engager au-delà de vos capacités, tout en reconnaissant honnêtement vos propres limites. Un bon mentor connaît ses forces et ses faiblesses ; il parle ouvertement de ses réussites comme de ses échecs et cherche avec son mentoré une relation d’apprentissage mutuel. Préciser votre champ d’action vous permet aussi d’orienter la personne vers quelqu’un qui vous complétera là où vous êtes moins à l’aise. De même, si un mentor pressenti délimite ainsi son accompagnement, n’y voyez pas un refus : c’est un signe d’honnêteté qui vous aide à trouver la bonne personne pour chaque besoin.
Rejoindre la liste de discussion BT français
Un bon premier pas consiste à rejoindre la liste de discussion BT français. C’est un espace d’échange amical et professionnel autour de la traduction de la Bible, où les praticiens posent leurs questions, répondent à celles des autres et partagent des informations et des nouvelles. On y croise des collègues de tous horizons et c’est souvent en prenant part à ce genre de conversation que se nouent les relations menant à un mentorat.
Pour vous inscrire : https://tinyurl.com/btl-join
Pour aller plus loin
Le site Mentoring Matters propose de nombreuses ressources à l’intention des mentorés : https://mentoring-matters.org/resources-for-mentees/. La rubrique « I need a mentor » développe les pistes évoquées ici.
Le livret « Mentorat robuste », accessible gratuitement à l’adresse https://consultantcompetencies.org/mentoring/, présente en détail le mentorat et ce qui rend une relation féconde.
Trouver un mentor prend rarement la forme d’une démarche unique et immédiate. C’est un chemin qui se construit à mesure que vous précisez ce que vous souhaitez apprendre et que vous prêtez attention aux personnes déjà présentes autour de vous.


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