Le numéro 13.2 du Sycomore est disponible pour le téléchargement gratuit sur https://translation.bible/publications/le-sycomore/.

TABLE DES MATIÈRES
Le mot de la rédaction
Les enjeux de la critique textuelle pour les traductions du Nouveau Testament
Lénart DE REGT
Le terme « Seigneur » comme traduction de κύριος kurios
John BAINBRIDGE
La traduction de ῥαντισμός rhantismos, « aspersion », en bété
Gnaly KAPTA
ANNONCE
La Bible Nouvelle Français Courant
LE MOT DE LA RÉDACTION
Face au grand nombre de considérations linguistiques, culturelles, textuelles et
théologiques dans la traduction de presque chaque verset de la Bible, même un
traducteur ou conseiller en traduction très expérimenté voudrait bien pouvoir tenir
certaines choses pour acquises. Surtout en ce qui concerne le NT, le texte lui-même
est fixe, n’est-ce pas ? Et traduire les termes clés principaux est une chose facile,
n’est-ce pas ? Pourtant, les contributeurs à ce numéro du Sycomore mettent même
ces suppositions en question !
Lénart DE REGT nous présente quelques réflexions sur les éditions du texte grec
du NT qui nous servent de textes sources (aussi en Paratext) et sur notre manière de
les utiliser. Notez surtout ses remarques sur l’emploi des notes de bas de page pour
signaler des problèmes textuels, et ses avertissements contre le textus receptus.
John BAINBRIDGE nous présente quant à lui une analyse novatrice du terme
« Seigneur » (et du correspondant anglais, « Lord ») comme traduction de κύριος
kurios. La seigneurie ne fait plus partie de la culture française. Le terme « seigneur »,
démodé, se retrouve même associé aux « méchants » dans le monde de la fantasy et
de la science-fiction (par ex. Dark Vador !). Le public chrétien francophone et
anglophone est-il prêt à adopter un autre titre pour Jésus ? Une culture égalitaire
comme la France possède-t-elle même un mot convenable ?
Nos lecteurs africains verront peut-être la chose différemment, car il y a
effectivement, même de nos jours, les « seigneurs » traditionnels de la chefferie, et
aussi des « seigneurs » politiques, économiques et professionnels. En même temps,
ce terme rappelle pour certains l’esclavage et le colonialisme. En choisissant les
équivalents des termes clés bibliques, un traducteur ou une traductrice contribue au
développement des idées et au « travail de mémoire » ! Gnaly KPATA apporte ses
propres considérations sur les conceptions bété du rôle d’un sacrifice dans
l’établissement d’une alliance. Il nous encourage à nous éloigner des modèles
européens et à utiliser la terminologie traditionnelle.
La bible NFC, lancée l’année dernière à Paris, joue un rôle important dans toutes
ces discussions. Sara LE LEVIER nous montre comment cette révision de la FC fait
preuve d’innovations pour mieux correspondre au langage actuel, et en même temps,
a su faire quelques pas en arrière pour éviter ce que l’équipe appelle « la tentation
de la glose ». Nous espérons que l’un(e) ou l’autre collègue se mettra à une
évaluation plus profonde de l’utilité des révisons effectuées !
Andy WARREN-ROTHLIN
à Hallau, Suisse, juillet 2020

Formidable !