Vanité des vanités

Lisa M. Wolfe, « Vanité des vanités », 8 octobre 2020. Consulter le site Bible Odyssey pour découvrir les dernières recherches historiques et littéraires sur la Bible menées par les plus grands chercheurs mondiaux. Traduction automatique publiée avec l’autorisation.


Le mot « vanité » traduit le mot hébreu hevel dans le livre de Qohéleth (Ecclésiaste) ; ce concept contribue à la réflexion philosophique.

Le mot « vanité », répété dans Qohéleth (Ecclésiaste), ne fait référence ni à l’égocentrisme ni à un meuble à miroir ; il traduit le mot hébreu hevel, qui nous invite à réfléchir aux énigmes de la vie.

Que signifie le mot hébreu hevel, généralement traduit par « vanité », dans Qohéleth (Ecclésiaste) ?

Traditionnellement, les traductions anglaises de la Bible ont utilisé le mot « vanité » pour traduire le terme hébreu hevel dans Qohéleth, qui apparaît trente-huit fois dans le livre. Cette traduction trouve son origine dans la Vulgate latine (IVe siècle de notre ère). Pour certains, « vanité » évoque la nature illusoire et éphémère de toutes choses, tandis que pour d’autres, elle peut suggérer un stéréotype de personne prenant des selfies ou même une coiffeuse. Ces exemples variés illustrent pourquoi « vanité » est une traduction trompeuse pour les anglophones contemporains.

Le terme hébreu hevel a un sens très large. C’est le nom du personnage tragique Abel, deuxième enfant d’Adam et Ève dans Genèse 4:2. Son nom préfigure son histoire brève : son frère aîné le tue à peine six versets après sa naissance. Ailleurs dans la Bible hébraïque, hevel désigne les « idoles » (Jérémie 8:19), le « souffle » (Isaïe 57:13) et « l’inutilité » (Jérémie 2:5). Les traductions anglaises contemporaines de Qohéleth rendent hevel de différentes manières : « futile » (NJPS) ; « inutile » (CEB) ; « dénué de sens » (NIV) ; « fumée » (Message) — ces traductions utilisent le même mot anglais pour hevel tout au long du livre. La NET Bible utilise huit termes différents pour interpréter hevel dans Qohéleth, car le mot apparaît dans des contextes très différents. Six fois, hevel apparaît dans Qohéleth, suivi de l’expression descriptive « et une poursuite du vent », qui lui donne un sens supplémentaire. Plutôt que de choisir une seule traduction anglaise, je préconise de remplacer le mot hébreu hevel par « vanité » dans la NRSV afin de laisser le livre expliquer au lecteur la signification du mot.

Comment hevel dans Qohéleth nous conduit-il à une réflexion philosophique ?

Qoheleth utilise hevel de manière poétique. Par exemple, la phrase hébraïque allitérative et superlative havel havalim hakkol havel, ou « Vanité des vanités, tout est vanité », marque le début et la fin du cœur du livre (Eccl 1, 1 ; Eccl 12, 8). La poésie, en tant que genre, incite souvent ses lecteurs à réfléchir au sens de la vie. Nous le voyons dans Eccl 8:14, où hevel encadre la complainte poignante selon laquelle ni les justes ni les méchants n’obtiennent ce qu’ils méritent :

14 Il y a une vanité qui se produit sur la terre :
il y a des justes qui sont traités selon les actes des méchants,
et il y a des méchants qui sont traités selon les actes des justes.
J’ai dit : « Cela aussi est hevel. » (traduction de l’auteur)

La description que fait Qohélet de cette situation comprend une répétition inversée frappante dans les deux lignes du milieu, qui incite les lecteurs à réfléchir : « Quand ai-je vu les justes souffrir injustement, ou les méchants être récompensés de manière invraisemblable ? »

Ainsi, l’utilisation du mot hevel par Qohéleth suscite des considérations philosophiques. En 1988, Michael V. Fox a plaidé en faveur de la traduction du mot hevel dans Qohéleth par « absurde/absurdité », en s’appuyant sur les travaux de l’existentialiste français Albert Camus. Fox explique que le terme « absurde » rend compte d’une situation dans laquelle les attentes ne correspondent pas à la réalité, comme dans Eccl 6:1-2. Bien que les spécialistes débattent encore vivement du choix de traduction de Fox, celui-ci relie de manière appropriée Qohélet à la pensée philosophique. D’autres spécialistes ont comparé le livre à des concepts du bouddhisme chinois, au concept hindou du karma, au taoïsme, au cynisme, au stoïcisme, au scepticisme et au postmodernisme.

Le fait que hevel ne domine pas totalement Qohéleth est également intrigant pour la réflexion philosophique. Le livre comprend également un appel septuple à « profiter du jour présent » (carpe diem) en mangeant, buvant et appréciant sa vie et son travail. Le contraste entre « carpe diem » et hevel (par exemple dans Eccl 8:15 et Eccl 8:14) pose un dilemme : Le carpe diem résout-il les absurdités de la vie, de sorte que Qohéleth prône finalement la joie ? Ces deux thèmes offrent-ils un équilibre yin-yang à la vie ? Ou bien, ne faisons-nous que manger sous le stress lorsque nous « profitons du jour présent » en réponse à hevel ? Le plus intéressant chez Qohéleth, c’est que la réponse à ce dilemme repose dans l’esprit du lecteur.


Bibliographie

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